Faux avis Google et diffamation médicale : les recours face au Conseil de l'Ordre
Gérer l'asymétrie numérique sans violer le Code de la Santé Publique.
Chez un praticien, l'avis en ligne est un piège asymétrique : l'auteur peut insinuer, exagérer, déformer. Le professionnel, lui, porte une contrainte absolue : le secret.
Ce secret n'est pas un argument de communication, c'est une obligation légale et déontologique. Le risque numéro un n'est donc pas l'avis. Le risque numéro un, c'est votre réponse. Une phrase mal calibrée peut constituer, à elle seule, une faute disciplinaire, indépendamment de la mauvaise foi de l'auteur.
1. Pourquoi répondre à chaud vous expose plus que l'auteur
Un faux avis déclenche un réflexe humain : rétablir la vérité. Mais sur Google, "rétablir la vérité" peut signifier dévoiler une information permettant d'identifier un patient, un parcours de soin, un acte, une pathologie. Le secret médical (Article L1110-4 du CSP) sanctuarise ces informations : vous ne pouvez pas vous défendre comme un commerçant.
Protocole de réponse : Le Pare-feu Déontologique
Le pare-feu mis en place par Jaurès & Associés repose sur trois règles non négociables :
- Aucune confirmation, même implicite, que la personne est ou a été patient.
- Aucun détail de prise en charge, même "banal".
- Aucune qualification du patient (retard, impayé, agressivité).
Exemple validé : "Notre cabinet ne peut répondre publiquement à ce type d'allégations, par respect de la confidentialité. Nous invitons toute personne concernée à nous contacter par les voies habituelles."
2. Recours ordinal : se défendre sans surenchère
L'Ordre n'est pas un service client : c'est une autorité de régulation. Votre objectif n'est pas de "gagner un débat", mais de démontrer : respect du secret, tact et mesure, et gestion responsable du contentieux. Un dossier ordinaire se perd rarement sur le fond ; il se perd sur un dérapage de forme.
Constitution du dossier disciplinaire :
- Sanctuariser la preuve : constat d'huissier, archivage des éléments publics.
- Cartographier le risque secret : lister explicitement ce qu'il est interdit d'évoquer.
- Documenter la retenue : conserver la décision de ne pas divulguer d'informations.
3. Risque disciplinaire invisible : le tact et la mesure
Même sans secret médical, une réponse agressive peut être reprochée comme manquement au tact, à la dignité, ou à l'honneur de la profession. Votre clavier peut devenir une pièce du dossier disciplinaire. La discipline sanctionne rarement la souffrance ; elle sanctionne la perte de maîtrise.
Conclusion : la stratégie premium
En santé, la réputation se pilote sous contrainte de secret. La seule posture durable est celle qui protège simultanément : confidentialité, dignité professionnelle, et trajectoire économique du cabinet. Cela passe par une abstention publique ciblée et une collecte éthique pour rééquilibrer la perception globale de la fiche.
Ne risquez pas votre conventionnement
Jaurès & Associés cartographie vos risques et déploie un protocole de réponse sous gérance déléguée stricte.
RÉSERVER MON BILAN STRATÉGIQUE OFFERT Entretien de 20 minutes, réservé aux professionnels de santé.